Quand mon fils est né, un 9 Aoùt, 2006, j’étais comblée de joie. L’accouchement a duré presque deux heures, Elyes se faisait attendre, il a fallu l’intervention d’un forceps pour que mon fils pointe son nez. Les gens me félicitaient durant toute la journée, j’avais même reçu des roses bleues! Mais malgré toute cette euphorie qui régnait dans la chambre de la clinique, j’étais troublée, voir même inquiète de constater que mon fils n’avait pas fermé l’oeil durant toute la journée. mais je n’avais rien dit à personne, on va encore me reprocher d’être une maman parano.
De retour à la maison, Elyes ne voulait pas de mon sein, il pleurait quasimment tout le temps. Alors, le pédiatre m’avait demandée de lui donner le bibron, mais Elyes n’avait accepté de le prendre que quand on avait remplaçé la tétine « normale » par une autre anatomique. Capricieux en plus ce petit bout de chou.
Plus les semaines passaient, plus je remarquais qu’Elyes ne me cherchait pas des yeux, il ne se cramponnait pas à moi. A 2 mois, Il ne répondait pas à mes chatouillement, et il avait la même réaction avec toute personne qui se penchait sur lui. Le comparant avec ma fille ainée, on m’avait expliquée que les garçons ne sont pas aussi « câlins » que les filles.
Vers 6 mois, mon fils ne nous cherchait pas vraiment. Il était calme et il jouait avec ses pieds. Ses babillements se résumaient en sons d’une voix grave. Normal, « c’est un garçon », me disais-je.
Deux mois plus tard, Elyes se balançait de l’avant en arrière. Il commençait à se cogner la tête sur la barre de sa poussette, et cela pouvait durer une vingtaine de minute. Là, j’étais prise de panique. J’ai essayé d’alerter son pédiatre lors d’une visite médicale. Encore une fois, il m’avait demandée d’arrêter de me tourmenter. Vers 11 mois, Elyes commençait à ramper, c’était un petit touche-à-tout, mais surtout un excellent acrobate. Il adorait surtout faire tourner les roues de sa poussette, et il n’avait montré aucun interêt aux jeux des bébés de son âge.
Un jour, je lui ai dit, « allez, mets ton maillot, on va à la plage », il n’avait fait aucun signe de joie, sachant qu’il adore y aller, mais sa réaction avait changé quand il m’avait vu en maillot de bain et portant le sac de plage qu’on avait l’habitude de prendre. Il était tout excité. Là, j’étais terrifiée. Mon fils n’avait pas compris ce que je lui disais, mais il avait compris ce qu’il voyait. « Es-il sourd? ». J’éloignais cette hypothèse parce qu’Elyes faisait attention aux chonsons qui passaient à la télé. Mais ma soeur n’arrêtait pas de me demander de l’emmener chez un orthophoniste, Elyes ne réagissait pas aux bruits autour de lui, et surtout, ne se tournait pas quand on l’appelait. Plus mon fils grandissait, plus je constatais qu’il présentait quelques signes d’autisme. Eh oui, je connaissais cette « maladie », j’avais lu quelques articles citant l’autisme comme un TED,mais je ne voulais pas trop y croire, et comme le pédiatre me l’avait plusieurs fois répété, « je ne suis qu’une maman parano ». En plus, on se dit tout le temps que ça n’arrive qu’aux autres.
Vers le 14 mois, Elyes commençait à marcher mais surtout à tournoyer, mes proches rigolaient en le voyant faire, et moi, j’avais une boule à l’estomac qui n’arrêtait pas de grandir. J’avais de plus en plus peur, surtout qu’Elyes ne disait aucun mot.
C’est alors que la valse entre les pédopsychiatres (trois), l’orthophoniste, les laboratoires des analyses génétiques et les services neurologiques avait commencé. Ce n’était que vers son deuxième anniversaire, que le diagnostique était bel et bien là: Elyes est un enfant autiste.
Mais le plus dure, c’était comment faire comprendre notre entourage ce qu’est l’autisme. Jusqu’à maintenant, la plupart des membres de la famille n’arrivent pas à cerner que c’est un handicap, d’autres préfèrent l’ignorer, malheureusement.
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